La Belgique apprend de la RD-Congo
Partenaire: La Fondation Roi Baudioun
Avec le soutien de la Fondation Roi Baudouin, léquipe belge de facilitation apu apprendre de l'expérience de Eric Ngabala, faclitateur de la RD-Congo. Il a rendu deux fois visite à l'équipe: en juin 2008 et en mars 2009. Eric, agé de 29 ans, diplômé en Economie et Développement est un facilitateur de RDC Compétence depuis sa fondation.
Pendant sa visite de 10 jours, ils ont facilité l'autoévaluation de BelCompétence, ils ont rencontré des partenaires, ils ont fait des visites SALT et ils ont travaillé au développement du cours 'Blended Learning'.
"Les stratégies et les actions de lutte contre le VIH/SIDA de ces vingt dernières années ont été tellement tournées vers le sud que les jeunes du nord sont de moins en moins informés sur le VIH et la Sida. Ils pensent tout connaître mais lorsqu’ils en parlent, ils se rendent compte qu’ils ne connaissent que très peu ou qu’ils sont mal informés. » expliquait Eric.
Eric partageait les 5 leçons les plus importantes qu’il a retenues pendant son séjour en Belgique.
« Premièrement, la visite SALT ne doit pas être réduite à un jeu de questions-réponses mais doit plutôt être une causerie « intelligente » entre les facilitateurs et le groupe visité. Les facilitateurs ne doivent aller ni avec un questionnaire préconçu ni avec des attentes qu’ils chercheraient à satisfaire absolument.» Aude Picavet, facilitatrice de BelCompétence ajoutait : « Avant une visite, je n’aime pas trop réfléchir à ce à quoi je m’attend. Tout au long des échanges avec ceux qui nous accueillent, je relève les rêves et je les impulse à les exprimer grâce à des petites phrases exprimant mon intérêt et mon appréciation. Je sais que c’est une causerie et il faut qu’elle reste naturelle. »
« Deuxièmement, des facilitateurs de divers milieux sont animés du même esprit. C’est au SALT, qui privilégie le caractère humain de tout individu, que revient, à mon avis, cette tendance presque naturelle des facilitateurs à s’ouvrir et à faire confiance aux autres. Il est donc facile pour eux de communiquer et de travailler ensemble.» Un des participants de la formation disait à Eric: « C’est la première fois que vous venez en Belgique ? Moi je ne vous crois pas car je ne vous sens pas du tout étranger. Et en plus, les autres membres de l’équipe de facilitation vous font tellement confiance,… ».
« Troisièmement, les pays du sud ont aussi quelque chose à apprendre à ceux du nord. La coopération sud-nord est une pratique à encourager dans la mesure où elle permet aux uns d’écouter et de palper du doigt les expériences des autres. Rares sont les occasions comme celle-ci où, grâce à une invitation de la Fondation Roi Baudouin, le sud vient, confiant, partager son expérience et apprendre quelque chose au nord. »
« Quatrièmement, une programmation rigoureuse des activités est un des facteurs de la réussite dans l’organisation et le suivi des activités. Elle permet aussi d’intercepter et de mieux suivre les nouvelles opportunités. »
« Finalement, au moment où des dirigeants belges sont en train de prôner une vision séparatiste du pays, un contraste frappant s’observe au sein des « communautés » : Partout où je suis passé, j’ai rencontré des personnes d’origines différentes, capables de dialoguer franchement, disposées à travailler ensemble sans discrimination, qui cherchent des solutions à leurs problèmes communs. »
« La meilleure illustration est celle du comité des jeunes de « Molenbeek » qui venait d’organiser une fête de leur quartier et ont accepté de faire le point en présence de l’équipe SALT. Certains propos tenus lors de leurs discussions semblaient tellement directs et francs qu’on aurait craint un choc négatif. La rencontre a débouché sur des pistes de solutions en vue d’améliorer leur prochaine organisation. C’est cette image représentant des personnes différentes mais qui veulent vivre ensemble que j’ai vu pendant ma semaine bruxelloise. »
